Balade médicinale au fil des saisons : au printemps, on récolte la pâquerette !

 

“Les fleurs du printemps sont les rêves de l’hiver racontés, le matin, à la table des anges.”
(Khalil Gibran)

 

 

 

Dès la préhistoire et dans toutes les régions du monde, on a utilisé les plantes médicinales. On sait par exemple que l’homme de Néanderthal, il y a 30 000 ans, employait l’achillée, le bleuet et la mauve ! Depuis, l’humanité a eu bien le temps de se familiariser, d’améliorer, et de maîtriser l’usage des plantes pour la santé, le bien-être, la beauté et l’environnement domestique. Cependant, l’industrie pharmaceutique et chimique nous proposant des produits prêts à l’emploi nous a longtemps éloigné de ce savoir faire ancestral.

 

 

 

Les plantes sauvages sont bien là, tout autour de nous, même au sein des villes, en bordure de trottoir, entre les rails de chemin de fer où poussent, l‘ortie, le pissenlit, le lierre, le plantain et la pâquerette en abondance mais préférons la campagne  qui nous offre des lieux de cueillette bien mieux préservés de la pollution. Chaque saison nous apporte des trésors à cueillir que bien des promeneurs ignorent. Lorsque vous irez en promenade, prenez le temps de découvrir le rutilant pissenlit, la délicate pensée, le géant bouillon blanc, le charmant coquelicot et bien entendu la gracieuse pâquerette que je vous présente maintenant.

 

 

 

 

La pâquerette (Bellis perennis), discrète mais qui se laisse facilement dénicher par les petites filles qui en font de jolis bracelets et colliers, s’étale au bords des chemins, dans les prairies, pelouses, parcs et jardins. Cette petite plante herbacée, vivace se rencontre dès la fin de l’hiver, dans toutes les pelouses de nos jardins. Ses feuilles persistantes, vertes, de forme ovale spatulée, sont regroupées en rosette. Son petit capitule, formée de fleurs tubulées jaunes au centre et de fleurs ligulées blanches sur le pourtour est juché sur un pétiole pubescent long d’une dizaine de centimètres. Elle s’étale si joliment sur la pelouse, qu’on hésite à passer la tondeuse !

Longtemps ignorée par les savants médecins, la pâquerette pût enfin jouir de sa réputation au XVème siècle. On l’utilisait alors pour soigner les plaies et nettoyer le corps de l’intérieur autrement dit comme dépuratif et diurétique.

 

Propriétés, usages santé :

 

 

Les parties utilisées sont les feuilles et les fleurs. Elles ont des propriétés antitussive, calmante et désinfectante cutanée, astringente, cicatrisante, apaisante nerveuse, dépurative diurétique, laxative douce. Les feuilles simplement mâchées soulagent les aphtes et les irritations des gencives ou de la bouche.

 

Recettes santé :

 

Tisane de pâquerettes contre bronchite, affection respiratoire, transit paresseux : pour une tasse,  portez 25 cl d’eau à frémissement. Hors du feu, ajoutez 5 g de pâquerettes séchées ou 8 g de fleurs fraîches, mélangez avec une cuillère, recouvrez d’un couvercle et laisser infuser 5/10 minutes puis filtrer. Prendre 2-3 tasses par jour pendant quelques jours.

-Cataplasme de feuilles de pâquerettes pour soigner les petites plaies, les piqûres d’insectes, coup et bosse : écrasez quelques feuilles fraîches entre les doigts et malaxez bien. Pour un soin plus étendu, mixez, pilez ou amollissez quelques minutes dans de l’eau bouillante. Appliquez cette pâte et maintenez en place pendant au moins 5 minutes sous une compresse si nécessaire. Éliminez à l’aide d ‘un linge.

 

 

Usages en cosmétique :

 

 

 

Le macérat de le pâquerette, plus connu sous le nom d‘huile de bellis, est adoucissant et réputé depuis la Renaissance pour raffermir les seins.

Recettes beauté :

 

 

Huile de bellis, soin adoucissant et raffermissant de la peau et du buste : placez  environ 1 bol de pâquerettes légèrement séchées dans un bocal, sans tasser. Remplissez le bocal d’huile végétale, fermez puis agitez pour bien mélanger en vérifiant que la plante soit bien immergée. Laissez reposer à température ambiante pendant 3 semaines si possible à la chaleur du soleil en protégeant le bocal d’un papier kraft pour éviter l’action oxydante des rayons UV. Si possible, agitez le bocal chaque jour. Au bout du temps de macération, filtrez à travers une étamine ou un filtre à café, en pressant bien la plante. Ajoutez de la vitamine E (1 goutte pour 10 ml d’huile) et transvasez en flacon ou en bouteille. Appliquez ce soin  1 à 2 fois par jour. Cette huile peut aussi s’appliquer sur les contusions, ecchymoses, cicatrices et affections cutanées (eczéma, psoriasis, coup de soleil). Conservation : 1 année

 

 

Lotion reflet, pâquerette et camomille de Maurice Mességué pour cheveux blonds : versez une poignée de fleurs fraîches ou sèches de pâquerettes, 1 poignée de fleurs de camomille allemande fraîches ou sèches dans l’eau froide (1 litre) d’une casserole puis couvrez et portez à ébullition. Puis, baissez le feu et maintenez un léger frémissement pendant 5/10 minutes. Pour terminer, filtrez et laissez tiédir avant d’appliquer cette lotion après votre shampoing en dernière eau de rinçage en malaxant bien votre chevelure . Essorez puis séchez vos cheveux. Ce soin n’éclaircit pas mais il donne de beaux reflets.

 

 

Cuisine :

 

 

Attention : évitez le ramassage dans les endroits exposés au souillures et aux pesticides.

Les fleurs et les boutons de pâquerette s’utilisent aussi bien crus que cuits en cuisine salée ou sucrée. Les fleurs s’emploient pour décorer le plats. Les jeunes feuilles de printemps se consomment en salade ou se cuisent en légume comme des épinards . Pour résumé, les pâquerettes :

 

Accompagnent les crudités et salades vertes.

Parfument les farces de viande ou de fromage.

Relèvent potages de légumes et bouillons de viande.

Agrémentent les salades de fruits.

Les boutons confits dans le vinaigre servent de condiment à la manière des câpres.

 

Les recettes sont extraites du livre  de Sylvie Hampikan

Balade médicinale au fil des saisons

édité par TERRE VIVANTE :

 

www.boutique.terre-vivante.org

 

Si vous rêvez de vous transformer en herboriste amateur et si vous voulez en savoir davantage sur les vertus des plantes, sans pour cela être un as de la botanique ce livre est fait pour vous ! Il vous incite à une « promenade des santé » à travers la riche flore de nos campagnes. Cet ouvrage passionnant vous propose :

  • 20 plantes sauvages faciles à trouver et à reconnaître, sans danger, communes et non protégées : coquelicot, mauve, pissenlit, lierre, achillée, millepertuis…
  • Toutes les explications pour les choisir, les ramasser, les transformer.
  • Des pas à pas en photos pour réaliser décoctions, lotions, sirops, macérats, baumes, teintures.

Côté santé, ces plantes peuvent contribuer à traiter de nombreux mots du quotidien : toux et affections respiratoires, maux de tête, ecchymoses, rhumatismes, problèmes digestifs, mais aussi troubles du sommeil, anxiété, etc

Côté beauté, vous trouverez des soins tout simples pour entretenir et traiter au quotidien votre peau (acné, eczéma, couperose, peaux matures, sèches…) et vos cheveux (pellicules, cheveux ternes, gras, secs, entretien des cheveux colorés…)

Ce livre foisonnant, aux explications claires pourra vous accompagner au fil de vos promenades, pour prendre soin de vous et de votre famille, simplement et naturellement. Il est joliment illustré par Virginie Quéant, photographe, glaneuse de plantes sauvages, cuisinière spécialisée dans le végétal.

 

L’auteure :

 

Passionnée par les plantes médicinales, mais aussi docteur vétérinaire et expert pharmaco-toxicologue, Sylvie Hampikian porte un regard scientifique sur les plantes et les actifs naturels. Grâce

à ses livres, elle espère apporter le crédit mérité aux pratiques traditionnelles, tout en les inscrivant dans une démarche moderne.

 

Je vous souhaite une agréable lecture et

une bonne cueillette !

 

 


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